Un changement du rapport au temps, une modification des chaines alimentaires

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Une récente étude parue dans la revue Science en juin 2018 montre que l’homme, qui exerce principalement ses activités le jour, dérange les animaux diurnes qui deviennent ainsi plus nocturnes.

Pour mieux comprendre les modifications de l’activité des mammifères en réponse à la présence humaine, les chercheurs de l’université de Berkeley ont réalisé une méta-analyse. Ils ont compilé 76 études portant sur 62 espèces réparties sur les six continents, incluant des données recueillies de différentes manières : observations directes, caméras, colliers radioGPS

Les chercheurs ont comparé la vie nocturne des animaux lorsqu’ils étaient peu dérangés ou beaucoup dérangés par les humains. En moyenne, ils devenaient plus nocturnes quand ils étaient perturbés par l’Homme : un animal qui répartit de façon égale son activité entre le jour et la nuit augmente son activité nocturne de 68 % à cause de la présence humaine.[4]

Les chercheurs ont trouvé que chez différentes espèces de mammifères, allant des coyotes aux cerfs, aux tigres, ou aux sangliers, les animaux deviennent plus nocturnes à proximité des humains.

Ce changement a plusieurs conséquences : leur régime alimentaire peut être perturbé parce qu’ils ne se nourrissent plus des mêmes proies ou ils risquent de devenir plus vulnérables aux prédateurs. Des chaînes alimentaires sont donc perturbées, des communautés écologiques entières sont donc susceptibles d’être transformées.[5]

D’autres espèces apeurées par les hommes et leurs infrastructures réduisent purement et simplement leur activité et passent plus de temps au « repos » que pour la recherche de nourriture, ou des activités qui favorisent un bon état physique.

Le dérangement des animaux par la chasse a aussi pour conséquence de modifier les dates de migration des oiseaux.
Une étude menée sur un ensemble de sites finlandais exploités comme étapes migratoires par des canards de surface, montre que le dérangement provoque un départ anticipé de 75 % des oiseaux dès l’ouverture de la chasse, départ qui n’est pas compensé par l’augmentation des stationnements sur les sites protégés (Väänänen, 2001). [6]

A l’inverse, lors de la migration prénuptiale, cela se traduit souvent par une arrivée plus tardive sur les lieux de reproduction. Les animaux ont de moins bonnes conditions physiologiques (diminution de la masse corporelle, graisse et muscles, liée aux pertes d’énergie), ont un stress accru et sont bien entendu moins nombreux puisque la mortalité est augmentée. En conséquence, le nombre d’individus aptes ou enclins à se reproduire diminue, et les conditions de reproduction sont dégradées (ponte tardive et moindre pour les espèces migratrices, reproducteurs fragilisés, etc.).

 

Résumé

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Contrairement à une idée largement répandue, la plupart des espèces animales sauvages sont naturellement peu farouches et il suffit pour s’en persuader d’observer le comportement de ces espèces dans les grandes réserves non chassées. La chasse effectue sur toutes les espèces une sélection artificielle en éliminant prioritairement les individus peu sensibles à la présence humaine (très vulnérables au tir…) et en favorisant les individus très farouches : ceux qui statistiquement ont une bien meilleure chance d’échapper aux chasseurs. Ce ne sont pas les animaux qui sciemment « apprennent » à se méfier des hommes (explication classique mais erronée), mais bien une sélection (ici artificielle), de type darwinien : seuls survivent les individus inapprochables au détriment du génotype calme et tolérant, progressivement éliminé par le tir. (…)
Dans la rade de Genève, non-chassée depuis plus de 25 ans, la distance de fuite des canards, tout à fait sauvages, comme les nettes rousses, nyrocas, milouins… est souvent de quelques mètres (ce qui fait la joie de tous les promeneurs). En France, par exemple sur les bords du Rhône, ces mêmes espèces s’enfuient dès qu’on essaie de les approcher à moins de 150 m. Les hérons cendrés, encore persécutés chez nous (malgré leur protection officielle) sont très farouches et s’envolent à plus de 200 m ; dans les canaux hollandais, où la protection est ancienne et respectée, ces oiseaux s’approchent à quelques mètres des hommes. Pour le chamois, le fait de le chasser multiplie par 10 ou 20 les distances de fuites.

Mathieu Roger, naturaliste

Livre blanc sur la chasse LPO Auvergne Rhône-Alpes – 2011 https://auvergne-rhone-alpes.lpo.fr/images/chasse/livre_blanc_sur_la_chasse.pdf p 59

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Bibliographie sur la forêt 

  • Braunisch, V. et al. Structural complexity in managed and strictly protected mountain forests: Effects on the habitat suitability for indicator bird species. Forest Ecology and Management 448, 139–149 (2019).
  • Cochet, G. & Durand, S. Ré-ensauvageons la France, Plaidoyer pour une nature sauvage et libre. (Actes Sud, 2018).
  • Rempel, R. S. et al. An indicator system to assess ecological integrity of managed forests. Ecological Indicators 60, 860–869 (2016).
  • Ugo, C., Lorenzo, S., Vittorio, G., Mauro, M. & Marco, M. Classification of the oldgrowthness of forest inventory plots with dissimilarity metrics in Italian National Parks. Eur J Forest Res 131, 1473–1483 (2012).
  • Larrieu, L. et al. Deadwood and tree microhabitat dynamics in unharvested temperate mountain mixed forests: A life-cycle approach to biodiversity monitoring. Forest Ecology and Management 334, 163–173 (2014).
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  • Lombardi, F., Lasserre, B., Chirici, G., Tognetti, R. & Marchetti, M. Deadwood occurrence and forest structure as indicators of old-growth forest conditions in Mediterranean mountainous ecosystems. Écoscience 19, 344–355 (2012).
  • Environmental sustainability of energy generation from forest biomass | EU Science Hub. https://ec.europa.eu/jrc/en/news/environmental-sustainability-energy-generation-forest-biomass.
  • Kuehne, C. et al. Metrics for comparing stand structure and dynamics between Ecological Reserves and managed forest of Maine, USA. Ecology 99, 2876–2876 (2018).
  • More Of Everything – A film about Swedish Forestry. More Of Everything – A film about Swedish forestry. (2021).
  • Winter, S., Fischer, H. S. & Fischer, A. Relative Quantitative Reference Approach for Naturalness Assessments of forests. Forest Ecology and Management 259, 1624–1632 (2010).
  • Carignan, V. & Villard, M.-A. Selecting Indicator Species to Monitor Ecological Integrity: A Review. Environ Monit Assess 78, 45–61 (2002).

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