Une augmentation de l’énergie dépensée, une baisse de la reproduction

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La chasse déclenche chez les animaux sauvages des activités coûteuses en énergies (multiplication des envols et déplacements, surveillance, etc.). Parallèlement, elle diminue le temps accordé aux activités permettant d’acquérir de l’énergie (repos, nourrissage, etc.). Les estimations ou simulations de ces pertes peuvent atteindre 25 % de la dépense énergétique journalière. Elle a pour conséquence l’affaiblissement de la condition physique des animaux et de façon indirecte la baisse de leur taux de reproduction, y compris chez les espèces non chassées.
Selon le rapport « Effets du dérangement par la chasse sur les oiseaux d’eau, 2003 »[2], synthèse d’une soixantaine d’études et ouvrages scientifiques, « les fuligules milouins stationnés sur une réserve en Irlande consacrent en moyenne 3,5 fois moins de temps diurne à l’alimentation pendant la période de chasse (autour de la réserve) que lorsque la chasse est fermée. », « la dépense énergétique engendrée par les dérangements sur les Bernaches cravants du Norfolk (GB) augmente de 11 à 38% selon les cas [3]. Les simulations indiquent une augmentation de l’ordre de 25% de la dépense énergétique journalière pour un dérangement total inférieur à 50 minutes par jour » et « chez les canards, l’accroissement de vigilance pendant le sommeil à cause des dérangements pourrait, en sus des conséquences physiologiques d’une privation de sommeil, avoir également un impact sur la balance énergétique. »

L’impact de ces dérangements peut aussi se manifester par l’abandon d’une couvée ou nichée. Or on sait que les périodes d’incubation des œufs et de couvée des jeunes sont particulièrement sensibles. La survie des jeunes dépend essentiellement des soins apportés par les parents.

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Résumé

Exemple

Contrairement à une idée largement répandue, la plupart des espèces animales sauvages sont naturellement peu farouches et il suffit pour s’en persuader d’observer le comportement de ces espèces dans les grandes réserves non chassées. La chasse effectue sur toutes les espèces une sélection artificielle en éliminant prioritairement les individus peu sensibles à la présence humaine (très vulnérables au tir…) et en favorisant les individus très farouches : ceux qui statistiquement ont une bien meilleure chance d’échapper aux chasseurs. Ce ne sont pas les animaux qui sciemment « apprennent » à se méfier des hommes (explication classique mais erronée), mais bien une sélection (ici artificielle), de type darwinien : seuls survivent les individus inapprochables au détriment du génotype calme et tolérant, progressivement éliminé par le tir. (…)
Dans la rade de Genève, non-chassée depuis plus de 25 ans, la distance de fuite des canards, tout à fait sauvages, comme les nettes rousses, nyrocas, milouins… est souvent de quelques mètres (ce qui fait la joie de tous les promeneurs). En France, par exemple sur les bords du Rhône, ces mêmes espèces s’enfuient dès qu’on essaie de les approcher à moins de 150 m. Les hérons cendrés, encore persécutés chez nous (malgré leur protection officielle) sont très farouches et s’envolent à plus de 200 m ; dans les canaux hollandais, où la protection est ancienne et respectée, ces oiseaux s’approchent à quelques mètres des hommes. Pour le chamois, le fait de le chasser multiplie par 10 ou 20 les distances de fuites.

Mathieu Roger, naturaliste

Livre blanc sur la chasse LPO Auvergne Rhône-Alpes – 2011 https://auvergne-rhone-alpes.lpo.fr/images/chasse/livre_blanc_sur_la_chasse.pdf p 59

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Texte

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Exemple

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