Le 21ème siècle doit faire face à une crise écologique et climatique sans précédent. Ainsi que l’a récemment rappelé l’IBPES, “La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier”. Ce déclin, qui concerne aussi la France, résulte d’une intensification des usages humains, à savoir :

  • l’artificialisation des sols
  • la fragmentation des milieux naturels
  • la surexploitation des milieux et des populations (exploitations des forêts, chasse et pêche)
  • les pollutions diverses (de l’air, de l’eau et des sols) 
  • l’usage récurrent des pesticides.

Aujourd’hui en France :

  • moins de 1,5 %* du territoire métropolitain terrestre bénéficie d’une protection considérée comme « forte » (coeurs de Parcs Nationaux, Arrêté Préfectoral de protection de Biotope, Réserves Naturelles Nationales, Réserves Naturelles Régionales et de Corse, Réserves Biologiques Dirigées et Réserves Biologiques Intégrales).
  • et à l’intérieur de certains de ces espaces de protection « forte », l’exploitation forestière, le pastoralisme, la chasse, la pêche, la cueillette sont autorisés.

Seul 0,6% du territoire national protège intégralement les animaux et l’ensemble du vivant*.

La libre évolution, concept innovant émergeant, est l’une des solutions simples et faciles à mettre en place pour apporter une réponse efficace à cette crise. Une nature libre et spontanée, soumise aux seuls processus évolutifs naturels et à l’abri des pressions de sélection induites par les activités humaines, doit pouvoir retrouver sa place dans notre société. Elle doit pouvoir s’exprimer pleinement, selon ses propres règles, qui ont fait leurs preuves depuis des millions d’années d’évolution et ainsi s’adapter le mieux possible au changement climatique.

De multiples travaux scientifiques montrent que les espèces restent plus abondantes dans les aires protégées qu’à l’extérieur. En Europe, de nombreux parcs nationaux (Abruzzes en Italie, Suisse, Bielowieza en Pologne, Forêt de Bavière en Allemagne, Poloniny en Slovaquie, Retezat en Roumanie, etc.) et réserves intégrales garantissent une biodiversité riche et un fonctionnement naturel des écosystèmes. 

Ces espaces de restauration écologique ne sont pas des sanctuaires où l’Homme n’a aucun droit d’accès. La recherche scientifique et l’admiration du sauvage par l’aménagement d’accès au grand public peut trouver un équilibre avec le besoin de quiétude et de l’arrêt de tous prélèvements sur une partie de notre territoire national. Le développement des territoires ruraux et péri-urbains par la promotion de la libre évolution est donc possible au travers de la protection du vivant et de la lutte contre le changement climatique.

La stratégie nationale des aires protégées fixe un objectif de 10 % de protection forte à l’horizon 2030. Ce n’est pas suffisant. 

Renforçons cette protection forte et passons à une nature en libre évolution, sur les espaces de protection forte ou non (car d’autres outils peuvent être mobilisés).

Pour cela, nous attendons des mesures importantes : 

  • orienter les instances de décision et de gestion administrative nationales et décentralisées vers plus d’intégration de la libre-évolution dans les choix de gestion ;
  • pour les propriétaires privés, supprimer la taxe foncière sur ces espaces et ajouter, comme initialement promis, une incitation fiscale aux obligations réelles environnementales ;
  • dans les forêts publiques, augmenter le nombre et la surface des Réserves Biologiques Intégrales et des îlots de sénescence sans limitation de durée ;
  • créer de nouveaux Parcs Nationaux, agrandir les zones coeurs des parcs existants, sans chasse, à l’image des premiers Parcs Nationaux français ;
  • développer la recherche et la coopération internationale sur la création et la gouvernance de nouveaux espaces en libre évolution, de nouveaux communs;
  • interdire la chasse, la pêche, la coupe de bois et le pâturage dans une plus grande partie des zones protégées, et notamment dans certaines Réserves Naturelles ;
  • dans le code forestier et les documents de cadrage de la politique forestière, reconnaître la libre évolution comme un choix de gestion ;
  • renforcer la gouvernance de gestion d’aire protégée vers une obligation de résultat, par exemple par l’établissement de contrats d’objectifs basés sur un suivi et une évaluation rigoureux.
  • accorder plus de moyens financiers aux gestionnaires des aires protégées ;
  • à l’échelle nationale, revaloriser l’image de la protection forte par une meilleure vulgarisation des principes scientifiques sur les fonctions et services écologiques des écosystèmes en libre évolution.
  • associer la société civile à la désignation de ces nouveaux espaces protégés.

Redonnons de la place au vivant !

Dédions 10 % de notre territoire à la libre évolution de la nature !

 

* Source INPN 30 octobre 2021 : Les cœurs de parc national (0,77% du territoire) – Les arrêtés de protection de biotope ou de géotope (0,32% du territoire) – Les réserves naturelles nationales, régionales et de Corse (0,36% du territoire) – Les réserves biologiques forestières dirigées et intégrales (0,09% du territoire)..

 

Les associations de la Coordination Libre Evolution :

Animal Cross

Association Francis Hallé pour la forêt primaire

Alsace Nature

Bretagne Vivante

Wild Europe Foundation

ECODOMAINE LA FORESTRIE

Crowlife

Association Etats sauvages

Association pour la Protection des Animaux Sauvage – ASPAS

Forêts sauvages

FNE Aura

       
   
 
     

 

 

 

                           
     
 
     
     
 
 
     
       
         
 
 
 
 

Contact : Valérie Thomé – Animal Cross

Tél : 06 75 73 72 42 – Mail : valerie@animal-cross.org

www.coordination-libre-evolution.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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