“Et si protéger la nature consistait surtout à arrêter de la gérer ?” 7 idées qui bousculent notre vision de l’écologie

“Et si protéger la nature consistait surtout à arrêter de la gérer ?” 7 idées qui bousculent notre vision de l’écologie

Pendant des décennies, protéger la nature signifiait intervenir : planter, entretenir, débroussailler, restaurer, contrôler. Mais une idée gagne aujourd’hui du terrain chez les écologues, les gestionnaires d’espaces naturels et même certaines collectivités : et si la meilleure chose à faire pour certains écosystèmes était… de les laisser tranquilles ?

Ce courant, appelé libre évolution ou rewilding, ne consiste pas simplement à “abandonner” la nature. Il remet profondément en question notre rapport au vivant, notre obsession du contrôle et même notre définition de ce qu’est une “bonne” gestion écologique.

Voici les idées les plus surprenantes — parfois dérangeantes — tirées du mémoire Non-gestion, libre évolution et nature spontanée : état des connaissances et enjeux pour la biodiversité.

La nature n’a peut-être pas besoin d’être “sauvée” en permanence

C’est probablement l’idée la plus contre-intuitive du rapport : certaines actions de protection peuvent elles-mêmes perturber les dynamiques naturelles.

Le philosophe François Terrasson allait jusqu’à écrire :

« Protéger, c’est détruire. »

Une phrase provocatrice, mais qui résume bien la critique formulée contre une écologie trop interventionniste. Creuser des mares, débroussailler des pelouses calcaires ou installer des nichoirs restent des actes de contrôle humain.

La libre évolution propose donc un renversement radical : reconnaître que les écosystèmes possèdent leur propre capacité d’organisation, d’adaptation et de résilience.

Ce qui fascine ici, c’est le déplacement philosophique : l’humain cesse d’être le “gestionnaire suprême” du vivant.

Le changement climatique rend les anciennes méthodes de conservation obsolètes

Pendant longtemps, la conservation visait à maintenir un “état de référence” : préserver telle forêt, telle prairie ou telle espèce dans un état supposé stable.

Mais avec le dérèglement climatique, cette logique devient de plus en plus fragile. Les espèces migrent, les températures changent, les écosystèmes se recomposent.

Le rapport souligne qu’il devient parfois « difficile, voire peu pertinent, de chercher à figer les écosystèmes dans un état donné ».

Autrement dit : la nature n’est plus un musée.

C’est une idée vertigineuse pour les politiques environnementales, car elle oblige à passer d’une logique de conservation fixe à une logique d’accompagnement du changement.

Certaines forêts repoussent très bien… sans nous

L’un des enseignements les plus étonnants des recherches récentes concerne la restauration passive.

Des études citées dans le mémoire montrent que, dans de nombreux territoires abandonnés par l’agriculture, les forêts recolonisent naturellement les espaces avec une efficacité parfois comparable aux projets coûteux de reboisement actif.

Les chercheurs notent même que :

  • la restauration active est souvent plus rapide ;
  • mais la restauration passive peut fonctionner sur des surfaces beaucoup plus vastes ;
  • et avec des coûts infiniment plus faibles.

Cela pose une question inconfortable : combien de projets écologiques existent surtout parce que nous avons du mal à accepter de “ne rien faire” ?

Même les friches urbaines peuvent devenir des refuges écologiques

Quand on pense biodiversité, on imagine rarement des terrains vagues, des interstices urbains ou des friches industrielles.

Et pourtant.

Le mémoire montre que certaines villes — notamment Paris — intègrent déjà discrètement les principes de libre évolution à travers des politiques de “laisser pousser”.

Cela peut concerner :

  • des trottoirs végétalisés,
  • des toitures,
  • des espaces non tondus,
  • ou des zones laissées à la flore spontanée.

Le plus intéressant ici n’est pas seulement écologique : c’est culturel.

Nous avons été conditionnés à associer nature “propre” et nature “bien gérée”. Une friche nous semble souvent négligée… alors qu’elle peut être extraordinairement vivante.

La “nature sauvage” est aussi une construction culturelle

Le concept de wilderness — au cœur du mouvement de libre évolution — ne vient pas seulement de la science écologique.

Il est aussi né de la littérature, de la peinture et de la philosophie romantique.

Les auteurs rappellent que des artistes comme Turner ou Coleridge ont contribué à transformer les espaces sauvages :

  • d’endroits hostiles et inquiétants,
  • en paysages sublimes et désirables.

Autrement dit : notre vision du sauvage n’est jamais neutre.

Ce que nous appelons “nature” dit souvent davantage sur notre imaginaire collectif que sur les écosystèmes eux-mêmes.

La libre évolution n’est pas forcément l’absence totale d’humains

C’est un malentendu fréquent.

Même dans les espaces protégés les plus stricts, certaines interventions restent parfois nécessaires :

  • limiter des espèces invasives,
  • gérer des déséquilibres liés à l’absence de prédateurs,
  • encadrer la fréquentation humaine.

La libre évolution n’est donc pas une “mise sous cloche”.

Comme l’écrit Baptiste Morizot :

« La libre évolution n’est pas une mise sous cloche, mais la préservation de potentiels évolutifs. »

Cette nuance est essentielle. Le débat n’oppose pas “nature” et “humanité”, mais différentes manières d’habiter le vivant.

Le plus grand obstacle n’est peut-être pas écologique… mais psychologique

Le mémoire revient souvent sur une idée fascinante : notre difficulté à accepter le désordre naturel.

Une forêt morte, des arbres tombés, une prairie qui se ferme, des ronces envahissantes… beaucoup de dynamiques naturelles nous paraissent inquiétantes ou “mal entretenues”.

Pierre Mossant résume ce problème avec une formule frappante :

« L’échelle de la nature n’est pas acceptable pour l’humain. »

La libre évolution impose en effet :

  • des temporalités longues,
  • des résultats incertains,
  • et une perte de contrôle.

Dans une société obsédée par l’optimisation et l’immédiateté, c’est presque révolutionnaire.

Une nouvelle écologie du lâcher-prise ?

Le plus intéressant dans la libre évolution n’est peut-être pas seulement ce qu’elle dit des écosystèmes… mais ce qu’elle révèle de nous-mêmes.

Pourquoi avons-nous tant besoin de contrôler le vivant ? Pourquoi l’idée d’une nature autonome nous met-elle parfois mal à l’aise ?

À mesure que les crises écologiques s’aggravent, une question devient de plus en plus difficile à éviter :

Et si, dans certains cas, la meilleure manière d’aider la nature était enfin de lui laisser la possibilité d’inventer sa propre trajectoire ?

Sources

  • Non-gestion, libre évolution et nature spontanée : état des connaissances et enjeux pour la biodiversité, Iris Arnould, Marion Barray, Christelle Chenel, Justine Gaultier, Siméon Diabel François Samy, AgroParisTech / ARB Île-de-France, 2025.
  • Comité français de l’UICN, La libre évolution : une approche en développement pour la protection et la restauration de la nature, 2024.
Le paradoxe des forêts sauvages : pourquoi « ne rien faire » pourrait les sauver des flammes

Le paradoxe des forêts sauvages : pourquoi « ne rien faire » pourrait les sauver des flammes

Le mythe de la forêt « propre »

Dans l’imaginaire collectif, une forêt « propre », débarrassée de son bois mort et de ses broussailles, est souvent perçue comme un espace sécurisé. À l’inverse, la forêt non exploitée est régulièrement pointée du doigt comme une « poudrière » en attente d’une étincelle. Ce discours a trouvé un écho particulier lors des incendies de Gonfaron en 2021 et de La Teste-de-Buch en 2022, où le « déficit d’entretien » est devenu un coupable idéal pour expliquer la fureur des flammes. Pourtant, cette vision simpliste est aujourd’hui battue en brèche par l’écologie forestière. Et si, paradoxalement, l’absence d’intervention humaine constituait l’une des meilleures protections naturelles ? En explorant les mécanismes de résilience des forêts en libre évolution, nous découvrons un écosystème qui, loin d’être à l’abandon, déploie ses propres stratégies de défense.

Le bois mort, une éponge invisible

L’un des principaux bénéfices d’une forêt sauvage réside dans sa densité de bois mort, un élément souvent mal compris. Selon l’étude de Klamerus-Iwan et al. (2020), un seul tronc couché peut stocker jusqu’à plusieurs centaines de litres d’eau, agissant comme une véritable éponge qui ralentit le ruissellement et hydrate le sol.
La différence est flagrante lorsque l’on compare les chiffres : dans les forêts naturelles de Bialowieza (Pologne), le volume de bois mort atteint 80 à 120 m³/ha. En France, l’inventaire de l’IGN révèle une moyenne de seulement 23 m³/ha (7 sur pied, 16 au sol). Plus révélateur encore : la moitié du bois mort français est constituée de petits débris de moins de 12,5 cm, souvent issus de maladies. Or, c’est le « gros bois » et le « très gros bois », typiques des forêts non gérées, qui offrent la meilleure résistance au feu.
L’enlèvement systématique de ces troncs peut s’avérer contre-productif, comme le souligne un article de The Conversation (2022) :
« L’enlèvement peut notamment générer des matériaux (copeaux, brindilles) inflammables. […] Son élimination généralisée n’est pas justifiée en dehors des zones les plus fréquentées. »
Le « nettoyage » mécanique laisse souvent derrière lui des débris fins et secs qui s’enflamment bien plus vite que les gros troncs humides en décomposition.

La canopée fermée : une climatisation naturelle

Le maintien d’un couvert forestier dense et continu agit comme une protection thermique. Les travaux de Blumröder et al. (2021) démontrent que les forêts denses et peu éclaircies régulent bien mieux leur microclimat. Par l’évapotranspiration, la canopée maintient une atmosphère humide et fraîche au sol, là où une forêt exploitée et ouverte subit un assèchement plus rapide.
Cette structure fermée offre deux avantages physiques cruciaux :
  • Barrière contre le vent : Selon Gardiner et al. (1997), la densité du peuplement réduit drastiquement la vitesse du vent au sein de la forêt. Le vent étant le moteur principal de l’apport en oxygène et de la course des flammes, son freinage ralentit mécaniquement la progression de l’incendie.
  • Contrôle du combustible bas : En privant le sol de lumière, une canopée continue limite naturellement le développement de la strate arbustive. Si les forêts sauvages peuvent connaître des épisodes d’embroussaillement, il s’agit souvent de phases transitoires localisées, bien moins inflammables qu’une strate basse entretenue artificiellement par les coupes.

La force de l’âge : le bouclier des vieux arbres

Laisser une forêt en libre évolution, c’est lui permettre de retrouver des arbres aux stades de maturité et de sénescence. Pour la survie de l’écosystème, l’âge est un atout. Comme le rappellent Curt et al. (2022), plus un arbre est vieux et gros, plus son écorce s’épaissit. Cette couche protectrice forme un bouclier thermique vital pour les tissus conducteurs de sève, permettant à l’arbre de survivre à un passage de feu de surface.
De plus, de nombreux arbres ont développé des stratégies de régénération après incendie, comme les cônes sérotineux qui libèrent leurs graines sous l’effet de la chaleur. Toutefois, ces mécanismes exigent que l’arbre ait atteint sa pleine maturité sexuelle, un cycle que la sylviculture interrompt souvent prématurément lors des coupes d’exploitation.

L’isolement : une protection contre l’erreur humaine

Statistiquement, plus de 90 % des départs de feu sont d’origine humaine. L’inaccessibilité géographique ou le statut de protection juridique constituent donc les premiers remparts contre le sinistre. En France métropolitaine, les zones de protection stricte restent rares : seulement 0,24 % des forêts (environ 41 000 ha) bénéficient d’un statut de réserve intégrale, comme les Réserves Biologiques Intégrales (RBI) en forêt domaniale.
Ces espaces ne sont pas pour autant des zones de non-droit ou d’abandon. Ils sont intégrés aux stratégies de Défense des Forêts Contre l’Incendie (DFCI), avec un entretien rigoureux des pistes d’accès pour les secours. 

La nuance nécessaire : quand la météo dicte sa loi

Toutefois, la science impose la prudence. En cas de conditions météorologiques extrêmes, sécheresses prolongées couplées à des vents violents, les mécanismes biologiques passent au second plan. Curt et al. (2022) soulignent que dans ces situations, « la transmission de l’énergie devient si efficace » que la structure et la composition de la végétation deviennent secondaires face à la puissance thermique.
Dans ces contextes de stress hydrique intense, la forte biomasse (vivante et morte) d’une forêt sauvage peut alimenter un foyer d’une intensité supérieure à celle d’une forêt gérée. Aucun mode de gestion ne peut prétendre à une immunité totale : face à la démesure du climat, la forêt sauvage comme la forêt cultivée restent vulnérables.

Vers un nouvel équilibre forestier

La forêt sauvage n’est pas le danger public que l’on dépeint parfois. Elle est un écosystème résilient, capable de s’auto-réguler grâce à son bois mort humide, sa canopée protectrice et ses arbres centenaires. Loin d’être un « abandon », la libre évolution est une stratégie d’adaptation qui mérite sa place dans nos paysages.
Alors que nous repensons notre gestion territoriale face au changement climatique, la question reste ouverte : quelle part de sauvage sommes-nous prêts à accepter pour restaurer la résilience de nos forêts ?
La véritable sécurité incendie pourrait ne pas résider dans le nettoyage systématique de chaque hectare, mais dans notre capacité à laisser la forêt redevenir un écosystème humide, mature et autonome.
Wildenstein choisit la libre évolution : 350 hectares sanctuarisés pour un siècle

Wildenstein choisit la libre évolution : 350 hectares sanctuarisés pour un siècle

Dans un article publié le 16 avril 2026, Dernières Nouvelles d’Alsace revient sur une décision forte prise par la commune de Wildenstein, dans le massif des Vosges : placer plus de 320 hectares de forêts communales en libre évolution pendant 99 ans.

Cette mesure, officialisée par la signature d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE), interdit toute exploitation forestière, construction ou travaux sur ces parcelles situées notamment autour du Grand Ventron et du Rothenbach. La promenade y restera toutefois autorisée. L’objectif affiché est clair : laisser la forêt retrouver son fonctionnement naturel afin de préserver durablement la biodiversité.

Ce choix est particulièrement remarquable dans un contexte où la gestion forestière reste largement dominée par des logiques d’exploitation du bois. À Wildenstein, la commune assume au contraire une vision de long terme. Le maire Ludovic Marinoni souligne d’ailleurs que certaines parcelles, très pentues, sont difficiles à exploiter et qu’il est plus pertinent écologiquement de les laisser évoluer librement.

Le projet bénéficie du soutien financier du WWF France, qui versera 252 000 euros sur trente ans afin de compenser la perte des revenus forestiers. En échange, la commune s’engage notamment à préserver des îlots de pleine naturalité, à sensibiliser le public à la libre évolution forestière et à suivre scientifiquement certaines espèces, comme les coléoptères ou le lynx.

Cette forêt présente en effet un caractère exceptionnel. Le secteur abrite des espèces emblématiques et menacées comme le lynx boréal ou le grand tétras, et se situe à proximité de la Réserve naturelle nationale du Grand Ventron, intégrée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses hêtraies anciennes.

L’article des DNA rappelle également un point essentiel souvent oublié : lorsque l’activité humaine cesse, la biodiversité peut rapidement reprendre ses droits. Comme l’explique Jean-Marie Lettermann, du Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace, les espaces protégés permettent aux milieux rares ou fragiles de subsister et de se développer dans la durée.

Cette initiative illustre une évolution profonde de notre rapport à la forêt. Face à l’effondrement de la biodiversité et aux effets du changement climatique, certaines collectivités choisissent désormais de protéger les écosystèmes plutôt que de les rentabiliser à court terme. Wildenstein devient ainsi l’un des exemples les plus ambitieux de libre évolution forestière en Alsace.

Source : article de Jean Martini publié dans Dernières Nouvelles d’Alsace le 16 avril 2026.

Francis Hallé nous a quittés

Francis Hallé nous a quittés

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Francis Hallé, botaniste, biologiste et défenseur infatigable de la forêt primaire, survenu le 31 décembre 2025 à Montpellier, à l’âge de 87 ans.
Figure majeure de la botanique contemporaine, Francis Hallé n’était pas seulement un chercheur internationalement reconnu pour ses travaux sur l’architecture des plantes et la canopée tropicale : il fut surtout un militant passionné pour la protection des forêts primaires, ces forêts jamais exploitées par l’humain qui représentent aujourd’hui une portion infime mais essentielle des écosystèmes terrestres.
Grâce à des initiatives comme l’exploration du Radeau des cimes, Hallé et ses équipes ont montré combien ces espaces regorgent de biodiversité, souvent encore méconnue et fragile.  Son engagement se prolongeait bien au-delà de la recherche scientifique : il a porté l’idée d’une forêt primaire en Europe de l’Ouest, un projet de très long terme visant à laisser un territoire entier évoluer naturellement, sans intervention humaine, afin que s’y reconstituent les équilibres écologiques ancestraux.
Pour nous, qui défendons la libre évolution des milieux, l’œuvre de Hallé fait écho à une conviction fondamentale : les écosystèmes les plus résilients sont ceux où la nature peut se déployer selon ses propres lois, sans gestion humaine intrusive.
Comme il l’a exprimé dans des entretiens :
« Aujourd’hui, nos forêts françaises sont d’une pauvreté désespérante », rappelant à quel point il est urgent de repenser radicalement notre rapport aux milieux naturels pour assurer la survie de la vie dans toute sa diversité.
À travers ses livres, ses projets et son engagement constant, Francis Hallé a rappelé que la protection durable de la biodiversité nécessite de laisser aux écosystèmes la liberté de s’organiser, croître et se régénérer. Ce message, profondément lié à la libre évolution, est aujourd’hui plus pertinent que jamais.
Nous exprimons notre gratitude pour son soutien à la Coordination Libre Evolution dont son association fait partie.
Ensemble nous allons continuer à œuvrer pour que les espaces de libre évolution retrouvent leur juste place.
« Foutons la paix à la nature ! » – Retour sur la journée de la libre évolution du 17 octobre à l’Académie du Climat

« Foutons la paix à la nature ! » – Retour sur la journée de la libre évolution du 17 octobre à l’Académie du Climat

Conférence de Jean-Claude Génot à l’Académie du Climat – 17 octobre 2025[/caption]

Le 17 octobre, la Coordination Libre Évolution (CLÉ) organisait à l’Académie du Climat, à Paris, une grande journée d’échanges et de sensibilisation dédiée à une idée simple et révolutionnaire : laisser la nature évoluer librement. Intitulé « Foutons la paix à la nature ! – La libre évolution comme clé pour protéger le vivant », l’événement a réuni scientifiques, associations, acteurs institutionnels et citoyens engagés autour d’un objectif commun : faire de la libre évolution un pilier majeur de la protection du vivant.

Comprendre la libre évolution : un changement de paradigme

La libre évolution consiste à laisser les écosystèmes suivre leurs processus naturels – croissance, vieillissement, prédation, cycles forestiers, dynamique de l’eau, dispersion des espèces… – sans gestion ou intervention humaine intrusive.

Ce n’est ni « l’abandon » d’un espace, ni une absence d’attention : c’est une stratégie active de préservation, fondée sur le constat que la nature sait très souvent mieux faire seule que les interventions humaines répétées.

À l’heure du réchauffement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et de l’artificialisation accélérée, la libre évolution apparaît comme une voie indispensable pour :

  • renforcer la résilience des milieux naturels ;
  • restaurer des habitats riches et complexes ;
  • contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique ;
  • redonner toute sa place au sauvage et au vivant.

La CLÉ porte un objectif clair : atteindre 10 % du territoire métropolitain en libre évolution d’ici 2030.

Une journée riche d’échanges et de perspectives

La rencontre du 17 octobre s’articulait autour d’un village associatif, de temps conviviaux et de quatre mini-conférences ouvertes à tous. Elle a permis de mettre en dialogue expertise scientifique, initiatives de terrain et mobilisation citoyenne.

Temps forts de la journée

1. Jean-Claude Génot – « La libre évolution, à quoi ça sert ? »

Le spécialiste a rappelé que protéger un espace, ce n’est pas toujours y intervenir :

« Laisser vieillir les arbres, accepter les dynamiques naturelles, laisser les cycles se dérouler, c’est permettre à la forêt et à la biodiversité de retrouver puissance et résilience. »

Il a également souligné le rôle majeur des forêts en libre évolution face au changement climatique.

2. Coline Drapier & Laura Maebe – « Faut-il avoir peur de la libre évolution ? »

Une conférence consacrée à déconstruire les idées reçues : risques d’incendie, prolifération d’espèces, “désordre”, sécurité des usagers… Les intervenantes ont montré que la libre évolution est souvent plus sûre et plus stable que les milieux artificialisés.

 

 

 

 

3. Béatrice Kremer-Cochet & Gilbert Cochet – « Redonner de la place à la nature en libre évolution : réussites et perspectives »

Les auteurs ont présenté des exemples concrets d’espaces réensauvagés, en France et ailleurs, montrant l’extraordinaire capacité de la nature à se régénérer lorsqu’on lui en laisse la possibilité.

 

 

 

4. Julie de Saint Blanquat, Jean-Luc Maillard & Dominique Souchier – « Comment devenir acteur de la libre évolution ? »

Un panel inspirant, tourné vers l’action : mobilisation citoyenne, plaidoyer local, participation associative, don ou protection de terrains, collaboration avec les élus…

Un village des solutions dynamique et fédérateur

Toute l’après-midi, le « Village des solutions » a permis aux associations membres de la CLÉ  de présenter leurs projets, outils et actions concrètes.

Le public a pu découvrir :

  • des initiatives de création de zones de libre évolution ;
  • des actions de plaidoyer local ;
  • des outils pour accompagner les propriétaires ;
  • des projets pédagogiques et mobilisateurs.

Ce village a incarné l’esprit même de la CLÉ : mutualiser, relier, amplifier, fédérer.

Laisser la nature respirer : un acte écologique et politique

Le slogan « Foutons la paix à la nature ! » traduit une prise de position forte : la nature n’a pas toujours besoin de nous – c’est nous qui avons besoin d’elle.

La libre évolution ne s’oppose pas aux autres formes de protection, mais elle rappelle que certains espaces doivent pouvoir fonctionner hors de l’intervention humaine, pour retrouver équilibre, complexité et puissance écologique.

Et maintenant ? Comment agir pour la libre évolution

La journée s’est conclue sur un appel à renforcer la dynamique collective :

  • Créer et protéger de nouveaux espaces en libre évolution ;
  • Mener des actions auprès des élus et des territoires ;
  • Sensibiliser les citoyens à l’importance du sauvage ;
  • Soutenir et rejoindre les associations engagées dans la CLÉ.

Chacun peut contribuer à élargir la place laissée au vivant. La libre évolution n’est pas un concept abstrait : c’est un outil concret, réaliste, mesurable et profondément nécessaire.

La CLÉ remercie…

…tous les intervenants, les associations présentes, les bénévoles, les équipes de l’Académie du Climat et  le fonds Demain sur terre et les nombreux participants venus échanger, apprendre et faire grandir le mouvement.

La journée du 17 octobre restera une étape importante pour renforcer la reconnaissance officielle, politique et citoyenne de la libre évolution en France.

Foutons la paix à la nature ! – 17 octobre 2025 à Paris

Foutons la paix à la nature ! – 17 octobre 2025 à Paris

 

Nous sommes très heureuses et heureux de vous inviter au premier événement organisé par la 🌿 Coordination Libre Évolution, collectif dont notre association fait partie ! 

📅 Nous vous donnons rendez-vous le 17 octobre 2025 à l’Académie du climat de Paris pour échanger autour du concept de Libre Évolution. 

🤔 La libre… quoi ?  

Un espace en libre évolution est une zone gouvernée par des processus naturels. Il est non ou peu modifié et sans activité humaine intrusive ou extractive, habitat permanent, infrastructure ou perturbation visuelle.

Les associations membres de la CLÉ seront présentes pour vous 💬 présenter leurs actions sur leurs stands et des conférences seront animées tout l’après-midi.

Programme complet ci-dessous : 

  • 15h00 : Lancement officiel avec une conférence de presse
  • 15h30 : Ouverture du Village des solutions
  • 16h00 – 21h15 : Cycle de mini-conférences (voir détails ci-dessous)
  • 21h45 : Clôture du Village
  • Jusqu’à minuit : Moment convivial possible à la buvette (optionnel)

Événement gratuit, ouvert à toutes et tous, à destination du grand public : on vous y attend nombreuses et nombreux !

 

4 mini-conférences rythmeront la seconde partie de journée. Elles seront chacune suivies de 15 minutes de débat avec le public.

Vous pouvez dès à présent vous y inscrire

16h00 – 16h45 La Libre Évolution, à quoi ça sert ? Jean-Claude Genot
17h30 – 18h15 Faut-il avoir peur de la Libre Evolution de la nature ? Coline Drapier et Laura Maebe
19h00 – 19h45 Redonner de la place à la nature en libre évolution en France: les belles réussites et les perspectives d’avenir. Par Béatrice Kremer Cochet et Gilbert Cochet
20h30 – 21h15 Comment devenir acteur de la Libre Evolution ? Julie de Saint Blanquat, Valérie Thomé et Dominique Souchier
 
 
 

 

Restons en contact !

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